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Question: Exprimer ma différence et conflits interpersonnels Comment exprimer sa différence, son désaccord sans provoquer de conflits ? J'ai l'impression si je m'exprime qu'il va y avoir conflit, dispute. Et cela arrive. Je ne suis jamais d'accord, et l'on dit que je suis négative. Faux. En réunion associative, avec certaines personnes il ne faut pas les contredire. Il faut donc rester calme, et posée, je ne sais pas très bien faire, car la colère m'envahit devant la nullité des gens. Réponse Il ne s'agit pas surtout d'éviter les conflits comme de savoir composer avec eux. Par définition, le fait d'exprimer des opinions différentes, d'avoir nos propres réactions, de manifester nos besoins particuliers comme de vivre ouvertement selon nos propres valeurs, tout ça peut facilement provoquer des heurts. Cependant, le terme conflit ne réfère pas à la même réalité pour tout le monde. Pour certains il y a conflit dès que l'autre manifeste du mécontentement. Pour d'autres un échange musclé est synonyme de mésentente. Enfin, d'autres parlent de conflit lorsqu'il y a une lutte pour détruire ou pour empêcher quelque chose. Lorsque je choisis d'affirmer un point de vue différent, je dois m'attendre à déranger. Est-ce que je ferai seulement lever quelques sourcils ou si je lancerai un débat animé? Est-ce que je vais me faire des ennemis? Cela dépend souvent de la manière dont j'introduis mon idée. Si mon but n'est pas de heurter, mais plutôt de faire valoir une idée, il faut que je m'exprime de manière à atteindre cet objectif. Pour y parvenir, je dois tenir compte de mon interlocuteur, du contexte dans lequel nous sommes et souvent même du "momentum" comme disent les journalistes sportifs. En effet, il ne sert à rien de provoquer des résistances à mes propos ou de me mettre à dos les gens que je désire influencer. Comment faire? Parfois il est bon de me souvenir que tout le monde déteste se faire traiter d'imbécile. Je peux me rappeler également que beaucoup n'aiment pas se faire dire qu'ils sont dans l'erreur et que presque tous sont indisposés par l'arrogance. Ces rappels peuvent m'aider à aborder mes interlocuteurs avec une attitude qui ne suscite pas automatiquement leur résistance ou des réactions hors sujet. Si nous sommes sensibles au ton de nos interlocuteurs, nous pouvons souvent détecter leurs réactions profondes. Très souvent, ces réactions portent sur notre attitude plus que sur nos idées. On peut souvent déceler, sous un "je ne suis pas d'accord" un peu sec, un message plus fondamental comme "tu t'imagines peut-être détenir le monopole de la vérité!" Une objection apparemment anodine comme "je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée" cache parfois une réaction bien plus intense comme celle-ci: "je n'ai aucune envie de t'écouter car tu ne tiens aucunement compte de mon point de vue". Pour obtenir une ouverture de la part de l'autre il me faut moi-même faire preuve d'ouverture. Essentiellement, il s'agit
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Question: l'amour de soi
Je crois que la solution à tous nos problèmes est l'amour de soi. Combien de fois j'entends dire qu'il faut s'aimer soi-même, que c'est ainsi qu'on est heureux et que l'on peut aimer vraiment les autres. Mais personne n'explique ce que c'est au juste que de s'aimer soi-même et comment on y arrive. S'il-vous-plaît, donnez-moi un truc pour m'aimer d'une façon inconditionnelle car c'est le but de ma vie. Réponse Il n'y a pas de "truc" pour s'aimer soi-même comme il n'y a pas de truc pour aimer quelqu'un. On aime une personne parce qu'elle nous apporte quelque chose de bon et parce qu'on trouve chez elle des qualités qui ont de la valeur à nos yeux. Ce sont là les ingrédients essentiels qui déclenchent notre affection pour une personne. Mais je ne pense pas qu'on puisse éprouver pour soi-même un amour identique à celui qu'on connaît pour les autres car on ne ressent pas d'affection pour soi-même. On peut par contre, avoir de l'importance à ses propres yeux, désirer se faire du bien, se respecter assez pour faire de la place à ce qui est important pour soi... Tout cela ne traduit toutefois pas de l'amour mais une attitude de bienveillance et de la considération à l'égard de soi. Pour ces raisons, même si je pense qu'il est impossible de recevoir l'amour d'un autre à moins d'avoir une certaine valeur à ses propres yeux, je ne conseillerai jamais à quelqu'un de s'aimer lui- même. Je lui recommanderai, par contre, d'augmenter sa valeur à ses propres yeux. Comment rehausser sa valeur? Essentiellement en s'investissant pour réaliser des choses qui nous tiennent à coeur. Nous avons tous des choses qui nous importent: des besoins, des relations, des projets, des causes... Or, pour réussir ce qui nous importe, il faut faire des efforts et souvent prendre des risques. C'est par ce chemin que nous parvenons à gagner de la valeur à nos propres yeux. On laisse souvent croire qu'il faut d'abord s'aimer pour disposer de l'énergie nécessaire pour répondre à nos besoins, mais c'est exactement à l'inverse qu'il faut procéder. Comme on peut toujours identifier un besoin ou quelque chose qui a une certaine importance à nos yeux, il est possible de travailler assidûment à cet objectif. Ce faisant, notre sentiment de valeur ne va bien sûr pas se développer d'une manière spectaculaire mais il grandira petit à petit, au même rythme que nos réalisations. (C'est comme dans la nature: rien ne se développe d'une manière éblouissante, si ce n'est une fleur éphémère.) Il est intéressant aussi de savoir que le sentiment de valeur n'est pas lié directement à nos réussites. Il provient plutôt de l'effort qu'on fait pour respecter ce qui nous tient à coeur et de la qualité de notre investissement. Ainsi, si la chose la plus importante à mes yeux est de m'affirmer tel que je suis, c'est le fait de m'exercer réellement à le faire qui alimentera ma valeur à mes yeux, même si au début je ne réussis qu'une fois sur cinq. L'article de Jean Garneau, "Fidèle à moi-même", illustre bien mon propos en plus de servir de guide à qui veut augmenter sa valeur et son estime de lui. |
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Question: porter la responsabilité de ses besoins
Le chemin de la liberté peut s'avérer très difficile quand l'autre qui prétend nous aimer n'est pas prêt à nous aider. Que veut dire au juste "prendre en charge son besoin" quand la réponse à nos besoins implique l'autre? Réponse Porter la responsabilité de ses besoins peut signifier plusieurs choses.
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Question: conflit avec le besoin de l'autre
Le chemin de la liberté peut s'avérer très difficile, surtout lorsqu'on transige avec des personnes qui n'éprouvent pas le même besoin que nous. Par exemple, je désire me rapprocher de la ville pour être plus autonome, mais il faut pour cela vendre la maison que je possède conjointement avec l'autre personne qui ne veut pas déménager? Que puis-je faire pour assumer mon besoin? Réponse Il est rare que l'autre éprouve le même besoin que soi. On a une influence sur cela, mais elle est assez limitée. Par exemple, je puis parfois susciter le désir chez mon partenaire mais à d'autres moments il est trop absorbé par ses préoccupations ou trop fatigué pour manifester seulement une ouverture. À ce moment, je ne peux pas compter sur lui pour répondre à mon besoin. Mais la question n'est pas vraiment de viser à avoir les mêmes besoins au même moment. Non seulement il est rare que ceux-ci coïncident, mais encore nous n'aurons jamais des besoins identiques puisque nous sommes deux êtres différents. Quand on est en relation, la question est plutôt d'arriver à ce que chacun soit satisfait. Si on veut atteindre cet objectif facilement, il est très important de distinguer les différents concepts qu'on confond habituellement avec le besoin. Par exemple, le "moyen" est souvent confondu avec le besoin. Il faut aussi distinguer le besoin de la "demande". Par exemple, je souhaite qu'on m'offre des fleurs non pas parce que j'ai besoin de fleurs mais parce que ce geste signifie quelque chose pour moi, c'est un symbole. Une "préférence", un "caprice" ne sont pas des besoins. Par ailleurs, il faut être conscient du degré d'importance et d'urgence de nos besoins. Dans son article "Négocier avec un partenaire", Jean Garneau apporte des précisions très utiles sur ce sujet. Lorsque le moyen privilégié par un des partenaires ne convient pas à l'autre, il est très utile d'identifier avec précision quel besoin de chacun est en cause, de même que l'importance de celui- ci. L'article de Jean Garneau met aussi en lumière le fait que la qualité de la relation à court terme et à long terme est un enjeu capital dans la négociation entre partenaires. En tenant compte de tous ces éléments, il est toujours possible de trouver une solution qui convienne réellement aux deux parties. Mais il faut parfois faire preuve de créativité! |
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