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Question: Amour et dépendance Lorsque j'aime une femme elle devient le centre de ma vie. J'ai toujours peur qu'elle pense que je l'aime trop et qu'elle me trouve dépendant. Je ne veux pas qu'elle pense que je vais m'accrocher parce que je ne peux pas me passer d'elle. Je camoufle donc mon attachement et parfois cela donne lieu à des situations pénibles. Mais je ne vois pas d'autres solutions car je crains par-dessus tout le rejet. Réponse L'attachement fait partie de l'amour. Il exprime le fait qu'on tient à la personne aimée. Si on y tient, c'est parce que son contact est bienfaisant pour nous, qu'il nous permet de répondre à certains de nos besoins. ( Pour en savoir plus, voir la fiche explicative de l'amour ) Lorsque'on aime on est aussi forcément dépendant. Mais cette dépendance ne signifie pas nécessairement qu'on est à la merci de l'autre ou encore qu'il est indispensable à notre satisfaction. La dépendance est liée à notre besoin plus qu'à la personne elle-même. C'est notre besoin qui est incontournable et non la personne aimée qui est indispensable. Prenons un exemple dans la nature: la plante qui a besoin d'eau. La qualité de son existence et même sa survie dépendent de cet élément. L'intermédiaire par lequel l'eau lui parvient est secondaire pourvu que l'eau soit d'une qualité suffisante et qu'elle soit dispensée au moment approprié. (Un arrosage trop abondant est néfaste.). Que l'eau provienne de la pluie, du jardinier ou d'un système d'irrigation ne change rien pour le bien-être de la plante. Il en est de même des besoins affectifs. Ils doivent être suffisamment satisfaits pour assurer notre survie psychique et notre épanouissement. Mais les personnes avec lesquelles nous pouvons combler ces besoins sont nombreuses. Il peut donc y avoir plusieurs sources de satisfaction pour chacun de nos besoins. En fait, bien que cela puisse paraître choquant, aucune personne n'est réellement indispensable à la survie ou même au bonheur d'une autre. Les personnes qu'on peut considérer comme indispensables à la vie ou à l'épanouissement d'une autre sont les parents. Mais même ceux-ci peuvent être remplacés par des substituts (des parents adoptifs, par exemple). On observe d'ailleurs dans la résolution du transfert que les besoins qui n'ont pas été satisfaits dans la relation avec les parents peuvent l'être, bien des années plus tard, dans une relation substitut, c'est-à-dire une relation transférentielle. Il est impossible et il serait inutile d'éliminer la dépendance au plan affectif. C'est sur notre capacité de tolérer le rejet qu'il faut travailler s'il est trop difficile d'exprimer nos besoins et de prendre les initiatives nécessaires à leur satisfaction. Il est possible et même nécessaire d'arriver à vivre le rejet sans être démoli. C'est un des obstacles qu'il faut apprendre à surmonter si on veut continuer de grandir comme personne. |
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Question: S'attacher vs s'accrocher Y a-t-il une différence entre s'attacher et s'accrocher? J'ai tellement peur de m'accrocher que je fais tout pour ne pas m'attacher. Je sais que le prix à payer est la solitude, mais c'est plus fort que tout. Réponse Oui, il y a une grosse différence entre s'attacher à quelqu'un et s'accrocher à lui. L'attachement est l'expérience qui découle normalement de l'amour. ( Pour en savoir plus, voir la fiche explicative de l'amour ) On en arrive à "tenir" à la personne ou à l'objet qui nous procure tant de satisfaction. (Voir la question précédente.) Plus la relation est satisfaisante, plus ce lien est fort. S'accrocher c'est prendre l'autre comme une bouée. On s'appuie sur lui et on compte sur lui pour prendre en main, par exemple, notre vie affective. S'accrocher est donc la manifestation du refus de prendre la responsabilité de nos besoins. (Voir "porter la responsabilité de ses besoins"). Voici les deux principales façons dont cette résistance à soi-même se manifeste.
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Question: Faire fuir en s'accrochant Pourquoi une personne prend-elle ses distances lorsqu'elle nous trouve trop accrochée à elle? Réponse Pour comprendre, il suffit d'imaginer la vie qui se dessine pour celui qui reste aux côtés de quelqu'un qui a tendance à s'accrocher. (Voir question-réponse précédente.) Il n'est pas difficile de voir que la personne qui sert de bouée a d'excellentes raisons de fuir. Ce n'est pas très nourrissant d'avoir la responsabilité de satisfaire l'autre. Même celui qui est porté à prendre les autres sur ses épaules s'en rend compte après un certain temps. Il sent que son énergie est drainée. Si l'autre est très lourd ou très exigeant, la relation n'est pas nourrissante et peut devenir toxique. Il s'y voit alors dévalorisé et culpabilisé; il ne reçoit lui-même que peu ou pas d'affection et de reconnaissance en échange de sa "générosité". En plus d'être peu nourrissant, il est lourd d'être l'unique moteur d'une relation. Cela veut dire avoir les idées, prendre les initiatives et faire ce qu'il faut pour être satisfaisant pour l'autre. Il faut en plus réussir tout cela sans avoir accès directement aux besoins, aux sentiments, aux états d'âme de l'autre. Un tour de force impossible! Enfin, côtoyer quelqu'un qui s'accroche c'est être en présence de quelqu'un qui ne se donne pas la peine d'être vivant. Une personne peu vivante est peu attrayante. La stimulation manque et la relation devient rapidement terne. Il arrive parfois que de fréquents éclats émotifs donnent beaucoup de couleur à la relation. Mais si les scènes et les querelles ne conduisent pas à des améliorations satisfaisantes pour celui qui se vit comme la bouée, on ne peut considérer ces échanges comme une stimulation pour lui. La couleur émotive ne doit pas dans ce cas être considérée comme un signe de vitalité. Ce sont les principales raisons qui portent à fuir ceux qui s'accrochent. En résumé on peut dire que, par son manque de réciprocité, une relation avec une personne qui s'accroche draine beaucoup d'énergie tout en étant peu nourrissante. |
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Question: Les émotions contradictoires Je tente de m’appuyer sur les deux piliers fondamentaux que vous énoncez: reconnaître ce que l’on vit réellement et développer sa capacité de porter son expérience devant des personnes importantes. Mais je suis dans une impasse. Je ressens profondément ancrées en moi deux tendances contradictoires. D’un côté, une envie de symbiose avec l’autre, une recherche de chaleur et de douceur, un désir de contact tendre et intime. De l’autre, une colère terrible, permanente, qui remonte en surface de temps à autre et qui voudrait détruire toute expérience imprégnée d’amour. Je dois reconnaître que les deux sont réelles et font partie de moi, mais je ne sais pas dans quelle direction partir. Je ne peux négliger aucune de ces vérités en moi. Comment sortir de cette confusion ? Réponse Je sais qu’il peut être troublant de ressentir des émotions opposées et aussi intenses que ce que vous décrivez. Il est tentant de penser qu’il vaut mieux privilégier une de ces expériences et camoufler l’autre autant que possible. Cet écartèlement est difficile à accepter pour deux raisons principales. Premièrement parce que nous ne savons pas ce que sous-tend cette expérience. Plus nous résistons à lui faire une place réelle, plus il est impossible d’en comprendre la vraie teneur. Le chapitre “La vie d’une émotion” dans le livre Les Émotions source de vie décrit en détail comment on peut faciliter son processus émotionnel pour comprendre en profondeur son expérience psychique. Deuxièmement, il est gênant d’avoir des émotions extrêmes et mystérieuse en présence d’une autre personne. Si en plus il s’agit d’émotions qu’on éprouve envers elle, c’est encore plus embarrassant. Mais si on arrive à laisser cette émotion se dérouler il est certain qu’on en trouvera le sens. Elle prendra alors une signification qui nous apparaîtra fort précieuse. Il n’est pas facile de s’autoriser à vivre à fond cette émotion devant l’autre. À cause de cela, il peut être judicieux de se retirer lorsqu’elle survient. Il faut alors prendre soin de ne pas chasser ce que l’on vit mais, au contraire, de demeurer ouvert pour le ressentir à fond et laisser apparaître tout ce qui vient à ce sujet. Souvent il est bien utile d’écrire dans son journal, à mesure que se développe l’expérience émotionnelle. Lorsqu’on est plus confiant dans son expérience émotive, on peut tolérer de demeurer dans l’inconnu même devant l’autre. Par exemple, on ne comprend pas pourquoi on éprouve cette vive colère, on ne sait pas ce qui nous pousse à vouloir rejeter massivement l’autre ou un comportement précis qu’il a eu, mais on accepte de réagir ainsi. C’est une acceptation aveugle qui repose sur la conviction que nous avons une “bonne raison” intérieure de réagir ainsi. Un peu plus tard, en restant en contact avec notre expérience, on finit par comprendre. Mais si on n’arrive pas à s’abandonner à ces expériences intenses il est possible qu’une psychothérapie soit nécessaire. Le psychothérapeute nous aidera à acquérir les attitudes et les habiletés nécessaires pour y arriver. |
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