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Par Jean Garneau , psychologue Cet article est tiré du magazine électronique " La lettre du psy" Volume 5, No 4: Avril 2001 | Avant d'imprimer ce document | Mise en garde | Autres articles | Résumé de l'article La suite de l'article "L'amour contact". Dans cette prochaine partie, Jean Garneau définit les qualités essentielles qui rendent vivante une relation amoureuse. Il présente une série d'indices permettant d'évaluer la vitalité de la relation. Pour compléter cette étude, il présente une auto-évaluation qui permet d'identifier les dimensions vivantes et non-vivantes de la relation de couple. Ensuite, il propose des moyens concrets qui permettent d'améliorer la qualité du contact lorsque la relation n'est pas aussi vivante qu'on le souhaite. De cette façon il nous aide non seulement à savoir si nos relations amoureuses se portent bien, mais aussi à choisir quoi faire pour les améliorer. Table des matières
B. Les indices de vitalité Vos questions liées à cet article et nos réponses ! |
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Cet article fait partie d'une série sur les mythes amoureux. Les titres déjà parus dans cette série sont: Pour bien comprendre la portée et les implications de ce nouvel article, il faut avoir lu au moins "L'amour contact". |
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A. La relation vivante Dans les relations amoureuses comme dans toutes les autres, c'est sa vitalité qui donne de la force à la relation. Comme tous les organismes vivants, dès qu'elle cesse de se développer, dès qu'elle devient statique, elle commence à se dégrader et à perdre sa valeur. C'est alors qu'elle devient également incapable de résister aux problèmes qui surviennent normalement dans toute relation, particulièrement si elle est importante ou intime. Quelles sont les caractéristiques d'une relation vivante ? Quels indices permettent de la reconnaître ou d'identifier ses faiblesses ? Comment redonner vie à une relation qui a perdu sa vitalité ? C'est à ces questions que je veut apporter des éléments de réponse. Plus précisément, cet article présente les éléments nécessaires pour évaluer dans quelle mesure une relation est vivante ou non. Il fournit les explications nécessaires et présente des indices concrets qui aident à porter un jugement sur nos relations. L'article débouche sur un outil qui facilite cette évaluation (pourvu qu'on ait lu soigneusement l'article). C'est cet outil d'auto- évaluation qui indique où on peut trouver des suggestions de moyens concrets pour remédier à la situation en corrigeant les faiblesses identifiées. Dans la mesure du possible, ces moyens peuvent être appliqués par chacun sans aide supplémentaire, mais dans certains cas, la consultation individuelle ou conjugale est clairement recommandée. Ceux qui ont lu l'article intitulé "L'amour contact", peuvent déjà deviner que les satisfactions qu'on en tire sont d'une importance primordiale dans l'évaluation de la relation. Ils soupçonnent aussi que le contact direct est au coeur de la recherche des solutions. Mais il est quand-même utile de résumer les qualités essentielles d'une relation vivante. Comme on peut le lire dans "Une théorie du vivant" tous les organismes vivants se distinguent essentiellement par les trois caractéristiques suivantes:
Dans le cas d'une relation amoureuse, on peut formuler ces caractéristiques de la façon suivante. Ceci permet de distinguer plus clairement comment elles s'appliquent dans ce contexte particulier. La relation amoureuse vivante
Autrement dit, le contact permet la satisfaction indispensable alors que l'épanouissement indique les directions et les critères de satisfaction les plus importants. Les choix éclairés correspondent aux moyens nécessaires pour concrétiser cette recherche. (Pour des précisions importantes concernant la nature des besoins et leur place dans le fonctionnement humain, on peut voir "Les émotions source de vie", page 30 et suivantes.) |
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B. Les indices de vitalité Ce sont ces caractéristiques qui permettent de déceler si le couple s'appuie sur une relation vivante et saine. Mais pour s'en servir comme indices de vitalité, il faut d'abord les interpréter et les transformer un peu.
Cette satisfaction est de plusieurs ordres. Au minimum, il s'agit d'atteindre un bien-être, une forme de confort de base. En simplifiant la gestion de plusieurs aspects de notre vie, la relation amoureuse peut aider à atteindre ce confort de base.
Cet épanouissement est nécessaire aussi parce que nous changeons continuellement. Avec le temps, nos besoins et nos aspirations évoluent autant que nos connaissances et nos habiletés. Seule une relation qui change avec nous est capable de demeurer longtemps satisfaisante. Si les deux partenaires ainsi que la relation ne parviennent pas à relever le défi de la croissance, il faudra les remplacer ou dépérir.
Et ce n'est qu'un début. Il faudra ensuite apprendre à vivre avec les ambitions et les désirs de l'autre, même lorsque nous n'en sommes pas les partenaires principaux, à faire place à d'autres relations importantes pour notre partenaire, à préserver nos propres zones de liberté importantes... Et tôt ou tard il faudra faire face ensemble à des épreuves communes ou à des problèmes qui nous viennent de notre relation elle-même. Comment combattre les malheurs de l'existence sans s'en prendre à notre conjoint par la même occasion? Des indices Ces différents niveaux de satisfaction ne sont pas équivalents pour évaluer la qualité d'une relation. Il est important de distinguer ceux qui sont des indices de vitalité et ceux qui sont secondaires. Le confort, par exemple, est avantageux et commode, mais il n'est pas absolument nécessaire ; il ne saurait être un critère de vitalité de la relation. Bien des couples et des individus choisissent lucidement de sacrifier leur confort pour obtenir des satisfactions qui leur apparaissent plus importantes. Par contre, la satisfaction de nos besoins importants n'est pas optionnelle. Elle est nécessaire au renouvellement de notre énergie vitale (et par conséquent à notre épanouissement). Elle doit donc être considérée comme un indice important. Et comme la relation amoureuse est celle qui touche le plus directement nos besoins affectifs (besoin d'être aimé et apprécié, besoin de contact émotionnel), c'est la satisfaction de ceux-ci qui est ici le critère le plus important. De même, le fait que la relation permette et favorise notre épanouissement comme individu est un élément essentiel à l'évaluation de sa qualité. Si la relation existe ou dure au détriment du développement personnel de l'un ou l'autre des partenaires, elle est nuisible du point de vue de la vie elle-même car elle nuit à l'exercice de sa force la plus fondamentale, la tendance actualisante. Voici les indices qui peuvent nous servir à évaluer notre relation en tant que lieu de satisfaction. Chacun de nous peut se demander combien sa relation de couple contient d'indices de vitalité et de non vitalité.
C'est l'ensemble de ces indices qu'il faut considérer pour évaluer la qualité de la relation. Chacun est important, mais ils ne vont pas nécessairement tous dans le même sens. Chaque indice permet de s'informer sur un ingrédient particulier et d'y apporter des correctifs au besoin, mais aucun n'est complètement indispensable. Mais il faut aussi tenir compte de l'ordre des indices (même s'il peut vous étonner). Plus les indices sont au haut de cette liste, plus ils ont de poids et doivent être pris au sérieux. Les indices qui arrivent plus bas peuvent souvent être compensés par ceux qui les précèdent.
On peut dire aussi que la relation qui favorise vraiment mon épanouissement est plus vivante et plus précieuse que celle qui ne ferait que l'autoriser sans y contribuer vraiment. Mais cette dernière peut être suffisante si elle en même temps le lieu où plusieurs besoins importants sont satisfaits.
Mais la réciproque est également importante; il faut être capable de laisser l'autre s'approcher ou s'éloigner, nous appuyer ou nous confronter, nous combattre ou nous accompagner. Ce qui importe avant tout pour la vitalité de la relation, c'est le fait que les deux personnes puissent évoluer avec souplesse dans tous les secteurs de ce territoire commun. L'importance de cette souplesse vient du fait qu'elle est l'indice d'un fonctionnement efficace du système d'auto-régulation du couple. Elle laisse voir que les choix faits par les conjoints ne sont pas stéréotypés, automatisés ou déterminés par des évitements systématiques. La variété démontre que ces décisions sont des réactions où les partenaires s'adaptent aux situations particulières qu'ils rencontrent et tenant compte à la fois des circonstances et de leur état individuel du moment. Dans le cas contraire, les choix que font les conjoints sont déterminés davantage par leurs habitudes, leurs craintes respectives, la répartition générale du pouvoir et des responsabilités entre eux, etc. C'est souvent dans ces cas que les mythes amoureux comme ceux que j'ai décrits dans d'autres articles de cette série prennent le plus de place. Comme je l'ai expliqué dans "L'amour contact", ils viennent contribuer à l'évitement systématique d'une dimension importante de la vie. Des indices Voici quelques indices qui peuvent nous indiquer si notre relation est vivante du point de vue de l'auto-régulation et de la souplesse qui en est le reflet.
Encore ici, ce n'est pas la réponse à chaque question particulière qui importe; c'est l'image globale qui ressort de l'ensemble des réponses. Il s'agit d'évaluer combien les rôles et les responsabilités sont assumés de façon souple et combien le partage est équitable. Mais contrairement à la série précédente, les indices ne sont pas par ordre d'importance; ceux qui viennent des diverses questions sont tous équivalents. Il s'agit donc de déterminer quelle proportion des réponses se trouve du côté de la relation vivante et non vivante pour savoir quelle indication nous donne cet indice. Il faut comprendre aussi le sens qui est donné ici à l'expression "partage équitable". Il ne s'agit pas d'obtenir que les tâches de chacun soient exactement semblables ou que chaque zone de responsabilité soit également répartie entre les deux. Ce qui importe, c'est que l'équilibre d'ensemble soit satisfaisant, c'est à dire qu'il apparaisse vraiment juste à chacun des partenaires.
Dans la mesure où les deux conjoints sont ensembles parce qu'ils se ressemblent, ils ont intérêt à examiner les évitements que cette motivation peut accommoder. Par exemple, s'ils deviennent semblables après l'établissement de la relation, il est possible que cette ressemblance soit le résultat d'une série de concessions où ils renoncent à leur individualité. Ça mérite d'être examiné de près. Bien sûr, le fait d'évoluer ensemble à travers les situations de la vie nous fait partager non seulement des expériences, mais également les convictions et les sensibilités qui en résultent. Le fait de vivre ensemble nous amène naturellement à avoir des amis, des loisirs, des goûts culinaires ou esthétiques, ainsi que des valeurs semblables. Ces ressemblances ne sont problématiques que si elles découlent de la démission de l'un ou l'autre par rapport à ses préférences individuelles. Elles ne sont pas alarmantes en soi, mais elles nous invitent à examiner soigneusement la façon dont ces ressemblances se sont installées dans la relation. Des indices Voici une série d'indices qui peuvent aider à évaluer dans quelle mesure la relation respecte vraiment l'individualité de chacun des partenaires.
Encore ici, c'est l'image globale qui importe vraiment pour évaluer si la relation nous permet de nous épanouir en tant qu'individus distincts ou si, au contraire, c'est au prix de notre individualité que le couple survit. En regardant dans quelle colonne se retrouveraient la majorité des réponses, on peut obtenir une image claire de cet aspect de la santé de la relation.
C'est de qualité et non de quantité qu'il s'agit ici. Nous ne voulons pas évaluer combien de temps les deux personnes passent ensemble ou quel pourcentage de leurs idées sont semblables. Ce que nous examinons c'est la "valeur nutritive" de ce qui se passe lorsqu'elles sont ensemble. Si ce contact est actif, vivant et mobile, c'est bon signe. Il peut être nourrissant ou satisfaisant dans l'immédiat, mais il peut tout aussi bien être bouleversant ou confrontant sans que sa "valeur nutritive" soit affectée. L'important, c'est qu'il soit vivant et réel, c'est à dire qu'il comporte une grande part d'expression authentique ouverte et une très petite part de dissimulation, de fausseté ou de retenue. Il est essentiel aussi qu'il soit souple, c'est à dire qu'il laisse une large place au changement continuel de chaque partenaire ainsi que du mode de contact entre les deux. Dans la mesure où le contact devient stéréotypé ou routinier, il perd sa valeur. Il ne peut plus servir de support à la vitalité de la relation et des personnes qui y sont impliquées.
De la même façon, si notre principale façon de communiquer ensemble consiste à nous faire des confidences sur les épreuves que nous avons vécues dans le passé, notre contact est probablement de pauvre qualité même s'il nous donne l'impression de communiquer profondément. Des indices
C'est encore la souplesse et la variété qui nous informent le mieux sur la qualité de cette dimension de la relation. S'il en est ainsi, c'est parce qu'un genre de "cercle vicieux positif" s'établit naturellement dans un contact direct bien fait. Voici comment. Le contact réel étant établi à partir d'une expression authentique d'une réalité présente, il est nécessairement varié. Et comme la réponse de l'autre est une réaction à cette vérité immédiate, elle suppose une adaptation créatrice qui ajoute encore plus de variété et de souplesse à ce qui se passe entre les deux. Cette interaction est chaque fois une version inédite du rapport entre deux êtres entiers et plus le contact dure, plus on y observe ce renouvellement continuel qui contribue à la rendre nourrissante. |
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C. Comment utiliser cet article Ceci complète la série de critères et d'indices que je vous propose pour vous aider à évaluer dans quelle mesure votre relation amoureuse est vivante ou non. Ces outils permettent de déterminer sous quatre angles différents si la relation est favorable à la vie. Je vous invite à faire maintenant cette évaluation. Je ne présente pas maintenant les solutions aux problèmes afin d'éviter qu'elles influencent votre auto-évaluation. Pour faire cet auto-diagnostic de votre relation, il s'agit simplement d'examiner les quatre dimensions dont il a été question dans cet article en vous inspirant des indices concrets qui sont présentés dans les quatre tableaux. Il est préférable de noter vos conclusions pour chaque dimension; ceci vous permettra de les consulter au moment de choisir des façons de remédier à la situation que vous aurez identifiée.
Dans le cas où les conjoints veulent tous deux entreprendre une réflexion sur leur relation et une démarche pour l'améliorer, il est avantageux qu'ils fassent la démarche ensemble. Cependant, ils auraient intérêt à procéder comme prévu aux deux prochains paragraphes. Autrement, la qualité de leur cheminement pourrait être inutilement diminuée par des interactions défensives.
Les moments où il est avantageux pour les conjoints de travailler ensemble à cette démarche sont les suivants: Même dans ces moments de travail en commun, il n'est pas nécessaire et pas vraiment souhaitable que (1) les opinions, (2) les conclusions et (3) les moyens des deux partenaires soient semblables. S'ils sont différents, on peut croire qu'ils sont complémentaires et répondent aux préoccupations plus particulières de chaque personne. Il s'agit alors d'une richesse supplémentaire et non d'une défectuosité ou d'une erreur.
Il est possible que la relation soit vraiment vivante, mais il est possible aussi que nous ne soyons tout simplement pas prêts à faire face aux problèmes qu'une évaluation plus serrée nous présenterait. Mais, que l'absence de problèmes à résoudre soit réelle ou illusoire, la solution demeure la même: arrêter la démarche au moins temporairement. Il suffit d'y revenir après quelques mois pour vérifier si les conclusions (et notre disponibilité) ont changé. Cette absence de problèmes peut aussi être la conclusion d'un seul des partenaires alors que l'autre identifie clairement une ou plusieurs dimensions à corriger. Dans ce cas aussi il vaut mieux accepter ces points de vue divergents et agir en conséquence plutôt que de chercher à "savoir qui a raison". La personne qui considère qu'il y a des problèmes à résoudre doit alors assumer elle-même la poursuite de la démarche qui correspond à son opinion tout en laissant l'autre agir selon ses convictions. Tenter de le convaincre de faire autrement serait purement inutile ou même nuisible; tenter d'en arriver à un consensus serait source de paralysie, de pressions excessives ou de manipulation malsaines. Faut-il en conclure qu'il y a nécessairement toujours des problèmes à résoudre? Je crois que la vraie réponse à cette question serait "oui, jusqu'à un certain point". La vie, comme la santé, est une réalité complexe qui englobe un grand nombre de dimensions et implique de nombreuses interactions. Il s'agit d'un équilibre toujours relatif dans un contexte en déséquilibre permanent. La relation vivante n'est pas une relation parfaite et elle ne suppose pas que les personnes qui y participent soient parfaites. La relation vivante est une interaction complexe; elle est en croissance et s'appuie sur la réalité intérieure de deux personnes vivantes qui sont elles-mêmes en développement. C'est pour cette raison qu'on peut toujours y trouver des imperfections à corriger et qu'on peut le plus souvent trouver de bon arguments pour ignorer ces défauts. Autrement dit, le fait d'identifier ou non des problèmes dans notre relation de couple nous informe plus sur notre capacité actuelle de nous attaquer à l'amélioration de la relation que sur l'ampleur réelle des problèmes ou sur leur gravité. Nous savons déjà que la tendance actualisante nous amènera naturellement à nous attaquer aux problèmes lorsque nous aurons l'énergie et les ressources pour les résoudre.
Il reprend les indices présentés dans cet article, vous permet de conserver une copie de vos réponses et vous indique l'endroit où vous trouverez les suggestions de solutions. Vous trouverez cet outil à http://redpsy.com/outils/diagnostic.html sur notre site. Bonne chance et bonne démarche ! Jean Garneau, psychologue Ressources en Développement
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